Au premier coup de sifflet, ils avaient formé les faisceaux. Le deuxième n’avait pas encore déchiré l’air épais qu’ils se laissaient tous tomber sur les pavés brûlants, dans un fracas amorti de fers de pelles et de gourdes vides. Certains s’étaient endormis aussitôt, avant même d’avoir débouclé leur sac et leur ceinturon. Les autres observaient un silence de bêtes recrues, indifférentes au monde qui les entourait. Sur la place légèrement déclive, piquetée de reflets cuivrés, le bataillon étalait jusqu’au pied des maisons sa large tache kaki. Lire la suite