Pour Emmanuèle Sandron

Elle devinera pourquoi

Et crins et cris

Bayard à la renverse dans la nue électrique

et les cinq fils du duc Aymon que dispersent

l’ouragan gris le feu du Rhin

à coups de triques à coups de trucs

(la littérature purule dans la chanson)

et de traques infinies – crins cris –

infinies et la Meuse et la Muse

ne peuvent rien contre la rage

contre les crins contre les cris

contre l’orage de la vie Lire la suite


La Terre, la toute belle aux seins épanouis, Se leva, elle qui est la base génébranlable De toutes choses. Et la blonde Terre mit d’abord au monde

Le Ciel étoilé, son égal. Afin qu ’il la recouvrit de tous côtés et devînt La demeure des dieux immortels. Hésiode, Les travaux et les jours

Mets-toi dans ta petite tête que les allumettes sont plus dangereuses que les allumeuses.

Spike Bristoll, Hurrah !

 

— Tu trouves pas que la lumière baisse ?

— Là oui, sûr, on ne pouvait guère ouïr qu’oui.

— Sûr qu’elle bébaisse, dit Jacoult (Stéphane). Une lumière de lanterne.

— De lanterne sourde, oui-oui, grogna Rachis. De lanterne pour chauves-souris, coui-coui.

— Tu m’emmerdes, et Jacoult soupira. Coui-coui, dingue. Lire la suite


Enfance aux mots dorés dans la lumière bleue

Nande Marie-Ghislain, Alpha, p. 48

 

Dix vingt quatre-vingt-sept Bruxelles en moi qui bougent

en gelée condruzienne ou tonnent et ruissellent

en pluie d’or comme entre les fuseaux

d’une Danaé brabançonnne Lire la suite


À la trépidation de ce que ma nièce appelle platement la sonnette de rue (platement e.st son mot), je devinai que c’était elle qui la faisait fonctionner. Aucune héroïne de Hitchcock n’y aurait mis cette ardeur. (S’il y a ardeur dans ses films, m’écrivait-elle récemment, c’est dans la blondeur glacée des moumoutes de ses stars.)

J’ai dit ailleurs à quel point cette jeune personne, bien que sortie de l’adolescence depuis pas mal d’années, semblait encore y participer sans retenue. La vie émanait d’elle avec parfois une espèce de violente ferveur. Il ne faut pas s’étonner, m’a-t-elle souvent dit, que mes cheveux soient à ce point bouclés.

Effectivement c’était elle qui arrivait en pestant sur les lenteurs de l’ascenseur et ses réflexes de fonctionnaire. Elle allait encore me dire : « Ton ascenseur a vraiment besoin d’un psy ». Et peut-être encore ajouter : « Comme tous les tordus de Sir Alfred ». Et voilà que je reconnaissais son pas pressé, puis les borborygmes de sa grogne. Lire la suite