L’heure est venue de parler à l’univers. Ne fut-il pas, dans certain système solaire, une planète agitée de spasmes qui ne s’apaisa, cette année-ci, que par la grâce d’un traitement pharmaco-poétique ayant mobilisé toutes les forces de l’esprit ?

Sans quoi peut-être, enivrée de fumées, la Terre n’eût-elle plus jamais retrouvé sa tête…

Qu’était-ce d’autre, cette planète, que les chiffres de balances commerciales et de finances publiques en concurrence dans une compétition globale où l’hypothèse de toute autre finalité pour l’humanité relevait de la pensée magique ?

Et quel était le sens de cette compétition, sinon pour chaque terre de se rendre plus séduisante que les autres aux yeux d’une divinité céleste soucieuse d’accorder ses faveurs au taux de rentabilité le plus attractif. Ainsi l’immense Russie constituait-elle une promesse d’inestimables profits pour cent mille milliards en errance à l’aube de ce millénaire… Lire la suite


Soleil !

Le jour se lève.

La brume se retire.

Pourquoi se cacher sur scène ?

Je m’y lave à la lumière d’une mer infinie.

Sur la rive orientale me parvient l’haleine de l’Atlas.

Les spectres de la nuit se sont enfuis mais la chanson demeure.

Moi qui n’ai plus de voix ni ne sais chanter : combien d’yeux me voient ? Lire la suite


The time is out of joint : O cursed spite,

That ever I was born to set it right.

Shakespeare, Hamlet

 

Ein Gespenst geht um in Europa –

das Gespenst des Kommunismus.

Marx, Manifeste communiste

 

La Sphère bat comme un tambour aux doigts de l’Atlante qui la porte sur ses épaules. Elle retentit de l’écho des tombes dont sont faits les grains de sa peau. La voix des morts clame à ses oreilles : « Entendez-vous encore le cri de Dante : L’amour meut le soleil et les autres étoiles ? Mais d’où vient-il que les vivants contemplent jour et nuit le ciel sans apercevoir plus qu’un faux plafond constellé d’astres artificiels et d’un lustre jetable en guise de soleil ? D’où leur est venu ce plancher de bitume qui dérobe aux regards des mortels toute voyance des abîmes où nous leur faisons signe ? Lire la suite


Nous produisons selon les lois de l’offre et de la demande. Comme sur tout autre marché. Sans doute est-il recommandé dans notre secteur, plus encore qu’ailleurs, de respecter les exigences du consommateur et d’obéir aux normes de traçabilité. C’est une question d’éthique. On n’imagine plus une entreprise qui ne fasse dépendre son image de marque d’une transparence bien comprise. Mais il ne faut pas faire une distinction dogmatique entre les personnes et les choses. Voyez le taux de croissance des pays émergents. Croyez-vous que, face à une telle concurrence, nous puissions rester compétitifs en étant soumis à des législations archaïques ? Lire la suite


Toi, jeune homme, ne désespère point ;

car, tu as un ami dans le vampire, malgré ton opinion contraire.

En comptant l’acarus sarcopte qui produit la gale, tu auras deux amis !

Lautréamont

Quand l’anniversaire du Titanic rappelle que l’on peut sombrer par temps calme, une île de l’Atlantique où dorment les tempêtes affirme sa quiétude au milieu des cyclones. En cette nécropole aux toitures de méduses glissant sur d’abyssales colonnades ornées d’une mosaïque de papillons marins, dérivent des temples d’algues aux vitraux baignés de lueurs englouties. L’espace ni le temps n’y furent dépouillés de leurs magies ; pas davantage l’ordre cosmique n’y a perdu sa pulsation rythmique. Les perles d’un jardin tropical, sous les récifs, prodiguent leur apostolat. Jamais aucune bible ne prêcha d’un quelconque Yahvé la colère en cet Éden autour duquel une planète entière offre l’image d’un naufragé tourmenté par la soif, quand des masses d’eau préparent le déluge. Que serait un nomade céleste s’il n’était pèlerin de l’abîme ?

Ses pas tracent un chemin dans les mers et dans les airs pour les habitants de la Terre. Lire la suite


Celui qui prendrait ce que j’écris pour la vérité,

serait peut-être moins dans l’erreur que celui qui le prendrait pour une fable.

Denis Diderot

Où et quand parle Shéhérazade ?

Quand bien même il s’écoulerait encore dix siècles avant que les Parisiens ne découvrent pourquoi les gargouilles de Notre-Dame leur tirent la langue depuis près d’un millénaire, les raisons leur en ont été révélées, le matin du 22 juin 2012, avec une actualité scandaleuse.

Au-delà de la démesure : matins nègres de Paris Lire la suite



La mauvaise foi seule expliquerait que, soutenue par les puissants lobbies africains dont s’exerce le despotisme sur l’Amérique depuis l’élection d’un nègre à la magistrature suprême, je m’en tienne à nier le viol dont fut ma victime un homme connu pour investir sa libido dans l’exclusive défense du bien public.

S’il fut soumis par ma faute à une suite ininterrompue d’humiliations ; si sa réputation fut bafouée sans le moindre scrupule moral et plus encore, s’il souffrit dans sa chair autant qu’au plus profond de son psychisme, sans bénéficier de ce baume consolateur qu’eût constitué la plus petite expression de remords dans la bouche de sa tortionnaire ; plus encore, si le calvaire enduré par lui dans la chambre 2 806 fut travesti en son contraire par l’un de ces simulacres dont usent les ennemis de l’État d’Israël quand ils déguisent en persécutés les fanatiques islamistes jouissant de sa sollicitude pour présenter l’État juif comme colonial et raciste, allant jusqu’à interdire l’hypothèse de faire observer quelle écrasante proportion de Palestiniens grouille au sommet des industries de la communication planétaire, toute affirmation de pareille évidence assurant son auteur d’être traîné devant les tribunaux pour complicité de génocide ; il me plaît d’avouer ici quel vénal mobile motivait un tel amas de turpitudes : l’ambition d’une esclave de mater l’esprit des maîtres par une spéculation mystique, en forme de pièce de théâtre, qui serait jouée à la Comédie Française. Lire la suite


Tu imagines et te souviens éternellement. Car c’est encore toi, allongée sur une plage parmi les milliers de coquillages nacrés, dans la symphonie étourdissante des oiseaux, qui présides au destin qui me jettera sur cette terre de hasard.

Toits de palme, peaux de cuivre, boucles d’oreilles en or, visages et corps peints, la parure des perroquets met dans l’ombre le soleil lui-même.

Encore toi qui, la première, vois apparaître à l’horizon trois pirogues gigantesques aux voiles frappées de la croix.

Aux cris et rires de bienvenue exprimant l’innocence de vos âmes, répond le tonnerre vocal du Te Deum ; et, bientôt, la fumée du mousquet, le feu des espingoles.

Ta peau pour la première fois fera contact avec un dard de fer. Lire la suite


As Salamou Alaykoum Wa Rahmatou Allahi Wa Barakatouhou !

Je me présente : Moutanabbya al Ghadeba, la prophétesse en colère, l’une des millions d’enfants de Mohammed l’Immigri.

Prêt à l’abandon total ? C’est ce que tu exigeais de moi voici quarante ans — si tu t’en souviens — dans ma piaule d’étudiante maghrébine à Louvain. De loin en loin j’ai suivi depuis lors ton parcours clandestin. Même si jamais plus tu ne t’es soucié de ce que j’avais pu devenir, c’est avec plaisir que je réponds à ton vœu. Qui sait ? Peut-être ces paroles, jaillies de mon cœur, franchiront-elles une borne que je devine à tes horizons intérieurs. Inch’Allah ! Lire la suite