Avertissement : Oui, je sais, les puristes reprocheront au chroniqueur du jeune règne de l’illustre Adolphe-Bénito quelques majuscules intempestives. Que l’on ne s’y trompe pas cependant : elles sont volontaires, en dépit des règles d’une grammaire désuète. Car rien n’est trop grand ni trop beau pour célébrer la gloire Wallonne (et ceci est un premier exemple de la nouvelle orthographe que le chroniqueur se propose de faire reconnaître par l’Académie Royale de langue et de littérature Wallonne nouvellement sise en la bonne ville d’Eghezee, promue au rang de capitale du nouvel État).

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Monsieur Van Pipperzeel a fait un peu de droit à l’université de Liège, puis des études de lettres. Il se pique de savoir écrire, et a longtemps rêvé d’une carrière littéraire. Jadis (« in illo tempore non suspecto », c’est bien comme ça qu’on dit ?), il a même composé quelques poèmes qui dorment au fond d’un tiroir. Il aime les mots, il adore les choisir, les apparier, les marier ou les opposer. Il aime les phrases. Il aime écrire. Mais quoi, il faut choisir. Politique et belles-lettres, c’est difficile à concilier. Giscard a bien commis un roman — parfaitement ridicule —, Pompidou a composé des anthologies, et Mitterrand a rédigé des essais. Mais qui sait si ce n’était pas avec l’aide d’Orsenna ? En Wallonie, il y a eu Alain Van der Biest qui ne constitue pas, il faut l’avouer, un modèle recommandable. D’ailleurs, Van Pipperzeel est un perfectionniste. Il veut se consacrer tout entier, corps et âme, à sa Wallonie tant aimée. Plus tard, peut-être, à l’âge de la retraite… Lire la suite


Un lac, vaste et profond comme la mer. Un grand lac qui respire sous le soleil et l’on entend son souffle jour et nuit, comme celui d’un fauve assoupi. Je le vois de mes fenêtres. D’ailleurs, on le voit de partout, de chacune de ces maisons blanches construites sur les collines. Il remplit mes yeux, mes rêves et mes peurs, il me remplit l’âme. Vaste et profond comme la mer… Non, mieux qu’une mer, plus bleu, plus sauvage parfois, plus lisse par temps de saison sèche, immobile et pur, presque blanc sous le soleil. Peuplé de choses sombres et terribles, crocodiles que l’on voit avancer en bancs, juste quelques lignes grises sur l’eau calme, pas très loin du rivage, qui emportent un enfant quelquefois ou un chien imprudent. Microbes invisibles qui traversent la peau et s’installent au plus chaud du ventre, y creusent d’imperceptibles galeries, et l’enfant devenu homme souvent finit par en mourir, brûlé sans le savoir par ce bonheur animal et fou du soleil, de l’eau et du vent, qui l’a rempli longtemps avant. Lire la suite



Tout a commencé dans la maison du docteur Edwardes.

Mon vieux médecin de famille avait plié bagage, fortune faite peut-être, ou épuisé par trop d’années passées à soigner petits bobos et grands tourments. C’est alors que ce nouveau toubib s’est installé dans le quartier. Nom exotique, certes, mais look on ne peut plus classique, il inspirait confiance. C’est donc tout naturellement vers lui que je me suis tourné quand sont apparus les sueurs froides et autres symptômes qui m’ont alerté. Lire la suite



Il est assis devant la télé, comme chaque soir. Et comme chaque soir aussi, il risque d’y avoir du grabuge.

Vanessa, dans le coin-cuisine, remue de la vaisselle en soupirant. Elle en a tellement marre, de tout ce sport ! Cela fait combien de temps qu’on ne peut plus regarder le moindre téléfilm ou le plus petit feuilleton ? Il y a eu le tennis, et maintenant c’est le Mondial. Quand les Belges ont joué, passe encore, elle pouvait comprendre. Mais depuis qu’ils ont été éliminés, quel intérêt, je vous le demande ? Lire la suite