Après un exil de plus de vingt ans à Beyrouth, Alexis Tsipras, s’en revient incognito dans sa patrie, accompagné d’une poignée de fidèles sur un gros zodiac qu’il partage avec des Irakiens, des Somaliens et des Syriens. Il a embarqué des armes légères, des faux dollars et trois passagers clandestins, trois armateurs expatriés, repentis qui financent et organisent l’expédition, partie discrètement de Bodrum, en Turquie à cinq kilomètres de l’île de Kos pour aller soutenir la résistance contre Cyclope, le régime des colonels. Ancienne station balnéaire autrefois très fréquentée par le tourisme bas de gamme anglais, l’île est devenue un vaste camp de concentration, un bagne pour réfugiés politiques et opposants. La nuit est froide, la mer houleuse, blanche d’écume, la faim les tenaille. Dans le fond du gros zodiac est également planquée une caisse remplie de chouettes dorées qu’Alexis Tsipras compte bien ramener à Athènes pour les y lâcher. Trompant la vigilance des garde-côtes, le zodiac oblique soudain vers le large tous feux éteints. Alexis tient nonchalamment la barre, les embruns lui fouettent le visage, il somnole en méditant sur le sort de son pays. Il rêve d’Europe. Le moteur tousse. Soudain une lueur spectrale apparaît dans la brume. Athéna surgit étincelante, casquée et cuirassée dans une lumière lunaire. Lire la suite
