Les nuages étaient bas et s’étripaient aux cheminées pour glisser lentement jusque dans le cœur des hommes. Des femmes voilées, de plus en plus noires, passaient comme des reproches au peu de gaieté qui traînait encore dans les rues. Partout, ça grommelait, ça crachait par terre, ça jurait à chaque pas, quelque chose de profondément triste prenait pied.
Il y avait dans le pays des goûts de meurtre et d’abandon, les élections n’y pouvaient rien, les débats s’épuisaient dans des concessions bien-pensantes, chacun respectait l’autre et le mépris s’entendait derrière chaque rond de jambe. Les affaires allaient mal, les hommes voyaient la misère se rapprocher et rien ne pourrait les mettre à l’abri, si ce n’est la décision nette et sans ambages de se trahir jusqu’au plus intime. Ils le savaient et c’est dans la fascination de leur abandon qu’ils vivaient. Lire la suite
