Je vois la Belgique comme un ballon à moitié dégonflé, qui se déplace des Flandres à la Wallonie, au gré du vent venant de Bruxelles.

 

Je vois la Belgique comme un navire en train de couler, dont Leterme et Verhofstadt se disputent la barre, et ne se rendant pas compte qu’il est en perdition. Lire la suite



06 h 45

Annonce

L’invité de Jean-Pierre Jacqmin n’est ni un politique, ni un économiste, ni un juriste, ni un chef d’entreprise, ni un philosophe. Pourtant, c’est lui qui a inventé les mécanismes qui ont évité l’explosion de la Belgique. Son nom ne vous dira rien. Il n’appartient pas à la médiasphère. C’est un homme de l’ombre, mais il appartient à ce que l’on appelle dorénavant la néo-gouvernance. Un mouvement humaniste qui commence à intéresser les grandes organisations internationales. L’ONU, le FMI, l’OMC s’intéressent aux travaux de notre compatriote… Une personnalité à découvrir. Dans un quart d’heure sur Matin Première… Lire la suite



En arrivant au cabinet du ministre de la culture wallonne, un mardi matin, j’ai croisé deux policiers postés sur le perron. Ils m’ont salué en flamand, ce qui m’a paru bizarre. A l’accueil, la préposée, que je connaissais de vue depuis longtemps, m’a demandé mes papiers. Je me suis mis à rire : Lire la suite



4 juillet – Par la presse belge j’apprends que Reinhoud d’Haese est mort à Paris. J’aimais le voir faire à table des petits monstres avec de la mie de pain. Il avait l’humour tendre et froid. Chaque fois que j’entre dans ma salle de bains ou que j’en sors, mon regard passe par une de ses lithos où est représenté un personnage de sa façon qui me tire la langue. La langue ou le nez ?

Ce soir, vu Good Night, and Good Luck, le film en noir et blanc de 2005 avec lequel George Clooney montre dans quel détestable climat Edward R. Murrow, présentateur à C.B.S., et Fred Friendly, son producteur, s’en prirent au sénateur McCarthy pour mettre fin à sa chasse aux sorcières de sinistre mémoire. Un film aux résonances très actuelles qui devrait faire partie du matériel pédagogique de toute école de journalisme.

6 juillet C’est en juin 1996, près de Pigalle, dans une voie privée, à l’étage d’une maison couverte de feuillage et de fleurs, que j’avais rencontré Régine Crespin dont tant de fois, à l’époque, j’avais fait entendre la voix dans mon Domaine privé, à l’antenne de France Musique. Quand j’avais pénétré dans le salon tout de rouge tendu comme une loge, une mélopée de John Coltrane ruisselait de haut-parleurs invisibles et, tournant le dos à la fenêtre, fume-cigarette aux lèvres, verre à la main, il y avait cette femme multiple, Tosca, Kundry, Carmen ou la Maréchale, au regard solaire derrière d’immenses lunettes. Elle vient de mourir, cette diva, mon fils me l’a appris hier au moment où je disais avoir l’impression de me tenir au bord d’une falaise et de voir se précipiter dans le vide des gens qui, par l’âge, auraient dû le faire après moi. Régine m’avait fait revenir plusieurs fois avenue Frochot, m’avait emmené en province pour assister à quelques master classes et elle m’avait raconté mille souvenirs pour m’inciter à rééditer ses mémoires, À la scène, à la ville. Je me souviens de sa gourmande gaillardise, de ses impertinences langagières, de son exigeante et tendre amitié, et j’ai parfois rêvé aux méharées sensuelles qu’elle avait dû offrir aux hommes qui avaient traversé sa vie. L’amour et la vie d’une femme. J’écoute Schumann. Exit Régine. Lire la suite


« En 1964, rappelait naguère Adrian Searle, le critique du Guardian, Jasper Johns a visité le château de Windsor pour voir les dessins que Léonard de Vinci a consacrés au Déluge. Johns nota alors : Voici un homme qui a décrit la fin du monde, et sa main ne tremblait pas. »

Désormais, Wellens ne tenait plus trop à rentrer au pays. Il s’en était dégagé aux alentours du deux centième jour sans gouvernement fédéral, pour des motifs qui n’avaient en apparence rien eu à voir avec la longueur de ces négociations. Mais il est vrai que cet étirement inédit l’avait incité à mettre au net ses rapports avec la terre nourricière et à décréter que, présent ou pas, il lui fallait maintenant prendre ses distances avec elle. Par ailleurs, la constance avec laquelle les éditorialistes de tous les journaux, toutes communautés confondues, clamaient : « Assez, c’est assez ! », jour après jour, pour appeler à la constitution rapide d une nouvelle équipe, tout en incitant les uns ou les autres « à ne plus bouger d’un centimètre », ne l’inclinait pas non plus à en reprendre le chemin. Lire la suite



La semaine prochaine, j’ai rendez-vous à Hollywood pour leur soumettre un projet de série. Le titre : Belgium. Le sous-titre : « Les avatars et les avanies d’un curieux petit pays qui ne lasse d’étonner jusqu’à ses propres habitants ». Je suis assez optimiste quant à l’issue de ce rendez-vous, car tout est là pour un succès planétaire. Lire la suite