Dans une nuit sombre et mouillée, un de ces vieux hommes qui ont l’air d’une ruine ambulante et d’un paquet de guenilles vivantes s’est étendu au pied d’un mur décrépit. Il lève ses yeux reconnaissants vers le ciel sans étoiles, et s’écrie : « Je vous bénis, mon Dieu, qui m’avez donné ce mur pour m’abriter et cette natte pour me couvrir ! » Comme tous les déshérités harcelés par la douleur, ce brave homme n’est pas difficile, et il fait volontiers crédit du reste au Tout-Puissant.
Curiosités esthétiques, Charles B.
Dans la périphérie des grandes villes, le long des voies de chemin de fer, les voyageurs dont le visage s’appuie à la vitre du wagon, voient défiler des cabanes éparpillées en de minuscules jardins plantés de légumes, d’herbes aromatiques ou de fleurs.
Aux heures matinales de l’été, ces voyageurs encore endormis se disent sans doute qu’il doit être agréable de se distraire du labeur quotidien en labourant quelques mètres carrés de terre pour y faire pousser ce qui agrémentera un saladier ou un vase, le moment venu. Il leur arrive même de penser que ce sont eux qui se trouvent du mauvais côté de la vitre, eux que le convoi ferroviaire emmène dans l’usine ou le bureau, où ils tueront le temps à côté du collègue grincheux et râleront comme lui de la longueur des semaines. Lire la suite
