Fichez-moi donc la paix, laissez dormir Hugo.

Et gardez vos grands mots pour jeter aux bandits

– Ariel, Oussama, les George ou Silvio –

La moitié seulement de ceux que j’aurais dits.




En ai-je vu au cinéma, à la télé, des Jean Valjean !

À jamais le forçat évadé, l’homme qui soulevait un tombereau, Monsieur Madeleine, le protecteur de Cosette, la petite fille à la poupée qui tirait un seau du puits des Thénardier, les infâmes aubergistes du Sergent de Waterloo, Jean Valjean restera Harry Baur dans Les Misérables de Raymond Bernard (1933), version jamais égalée. Lire la suite


Je reçois comme vous, chers confrères et consœurs, le courrier de Marginales, vers le 20 janvier, le millénaire ayant juste un peu plus que deux ans, annonçant le présent numéro : Victor Hugo, c’est nous. Diable ! Serait-ce donc moi aussi, en quelque coin ou tréfonds ? Et me souvenir avant tout du soupir de Gide à la question « quel est le plus grand poète français » : Victor Hugo, hélas ! Lire la suite


(Pour des raisons de droits dus aux héritiers, il ne nous est pas possible de citer le moindre mot des trois textes inédits de Victor Hugo retrouvés récemment. On comprendra que nous ne voulons pas revivre la mésaventure survenue à Ian Hamilton, le biographe de J.D. Salinger, condamné par la Cour Suprême des États-Unis pour avoir non seulement reproduit quelques termes de la correspondance non publiée de son modèle, mais avoir exprimé la quintessence des lettres elles-mêmes. C’est d’autant plus fâcheux que ces trois textes constituent un ensemble cohérent qui, s’il n’ouvre pas de nouvelle perspective à la cohérence de son œuvre, en affermit néanmoins les principaux axes. Nous livrons ici une esquisse de leur véridique contenu, en prenant d’abord quelques précautions : on verra ensuite que, compte tenu de l’intérêt que représenterait à nos yeux une publication, ces précautions s’estompent et finissent par disparaître complètement, puisque, en ces sortes de matières, il ne sied pas de procéder par allusions.) Lire la suite


À JFP

C’est donc vrai. La mort existe. On en doutait, elle est là. Elle s’avance, en caméra subjective. Par la pluie et par le vent, elle se glisse le long de la falaise, jusqu’à la dernière grande maison grise. Hauteville House. Elle connaît le secret des serrures. Elle entre sans frapper. Lire la suite


En guise d’introduction

Est-il nécessaire de présenter Nicolas Dostkine aux lecteurs de cet ouvrage ? Par millions, les lecteurs ont plébiscité l’écrivain hennuyer : les tirages pharaoniques en font foi. Chaque année, à la rentrée littéraire de septembre, apparaissait en librairie le nouvel ouvrage de Dostkine. Les traductions, les adaptations au cinéma ou à la télévision, les critiques dithyrambiques élargissaient sans cesse la renommée de l’auteur et le nombre d’exemplaires (non seulement vendus mais… lus !), qui figurent à présent au voisinage de la Bible, d’Agatha Christie et de son compatriote Simenon. Par testament – un document apocryphe heureusement retrouvé et rapidement identifié –, l’écrivain légua au Fonds qui porte son nom l’ensemble des manuscrits contenus dans les cartons stockés à l’intérieur du fameux « bunker de Saint-Idesbald ». Le dépouillement de ces milliers de pages (ses « vrais romans » comme il les désigna) exigera plusieurs années de travail aux chercheurs de l’Université de Mons qui en est la dépositaire. Mais d’ores et déjà, un des exégètes parmi les plus zélés présenta, lors d’une communication à l’Académie, le surprenant résultat d’une analyse à laquelle il soumit les titres de l’œuvre dostkinienne : c’est à Victor Hugo (Les Contemplations) que Nicolas Dostkine emprunta le titre de chacun de ses ouvrages publiés à ce jour. Lire la suite


Il est l’heure venue de dévêtir le Temps…

Hubert Juin, Les Guerriers du Chalco

2002. Donc, ce siècle a deux ans et moi, pauvre de moi, j’ai l’âge de mes tourmentes – des décennies de rêves et de désirs pétrifiés, des tombereaux et des tombereaux de littérature mal équarrie. J’ai l’âge des livres que plus personne ne lit, des pages fulgurantes que plus personne ne parcourt, des vers suaves et bruissants que plus personne ne récite, des strophes aériennes que plus personne ne chante. Lire la suite


Ah ! J’en ai trop pris : Mais, cher Satan, je Vous en conjure, une prunelle moins irritée !

Rimbaud, Une saison en enfer

Pour Caroline Lamarche, Luce Wilquin, Égée

De cette balustrade d’où je domine ce que le monde laisse voir de sa peau, le frémissement des hommes ne m’émeut plus… le fracas de ces insectes dérangeants, assourdi par la distance et les mouvements de foules, m’est indifférent… Longtemps, j’ai observé leurs agissements, longtemps… j’ai pris part au monde des hommes par ma seule observation. Mais leurs jeux m’ont lassée… aussi vite que met cet adverbe à prendre sens pour un être au cœur de pierre. Lire la suite