Cela pourrait commencer par… l’advenue, enfin, d’un nouvel été. La première guêpe s’est introduite à l’aube, dans le salon. Ma voisine, devenue depuis peu veuve, exposait déjà au soleil un corps qu’elle espérait encore jeune. Dans la cour, la fille de la concierge portugaise lissait avec un peigne de fer le pelage d’un Labrador résigné. Sur la terrasse de l’immeuble qui jouxte le mien, au dernier étage, une jeune femme allait et venait, dans l’euphorie ou en colère, pérorant avec force gestes dans le micro de son téléphone portable. Je me suis dit qu’en d’autres temps, elle serait passée pour folle. De même, sans doute, que la vieille fille du septième étage, qui nourrit tous les chats perdus du quartier mais trouve que les animaux manquent quelquefois de gratitude. Pour l’heure, elle tentait d’apprivoiser un hérisson à moitié mort de peur sous la canicule naissante. Lire la suite








D’un seul coup, le monde s’est déchiré, un dernier coup de théâtre, une cavale de série B, un dialogue historique avec un garde champêtre, une gendarmerie défaite le képi bas, la presse révélant un homme affalé à l’arrière d’une voiture blindée, hilare, détendu ou drogué, des têtes qui tombent et roulent jusqu’au panier de la revanche, des responsabilités de pacotille qui battent des ailes, une météo euphorique, de la matière, de la matière encore, de la matière enfin pour relancer la « fabrique Dutroux ». Lire la suite


Ça y est, le revoilà derrière son journal ! Ça me fait tout drôle qu’il me regarde ainsi par-dessus la sale gueule de Dutroux. Marre de voir ce minable en première page, et leur baratin, complicités, dysfonctionnements, gestes forts, quand je pense aux enfants qu’on égorge en Algérie, si les ministres y démissionnaient à tous les coups, leur gouvernement tournerait si vite qu’ils pourraient l’utiliser comme ventilateur ! Allez, Yasmina, trois fois que tu reprends ton paragraphe ! Ce mec me perturbe, trop beau vraiment, j’ai rêvé de lui, comme dans les contes, un cheval nous emporte, moi blottie contre lui qui m’enserre, ses yeux bleus comme la nuit, pleins d’étoiles dorées, tout mon corps bouge au rythme de la croupe, doux, souple, puissant, vagues de la mer, de plus en plus… Rien qu’à y repenser, je me sens rouge comme du harissa.

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