À Stella
Lorsqu’il eut atteint l’âge d’homme, et alors qu’il n’avait encore aucun projet de vie, il fit un rêve : il était sourcier. Et le rêve était si vrai qu’il décida d’être sourcier. Ses amis et ses connaissances, eux, seraient médecins, avocats, ingénieurs, journalistes, enseignants. Mais sourcier ! Désormais, il passa pour un original : comment pouvait-on obéir, comme au Premier Commandement, à une simple fantaisie de l’imagination ? Tout le monde le raisonnait : il pouvait être sourcier à ses heures perdues, mais il devait se consacrer à un métier sérieux, lui assurant des revenus convenables et une situation sociale respectable. Ses parents commencèrent par lui tenir le même discours, puis, devant son obstination, s’inclinèrent. Son père contre son gré, sa mère avec bienveillance : mais laisse donc faire le petit ! Quand, tendrement, elle le questionnait sur son choix, il répondait : « Je ne sais pas, c’est le rêve. ». Et elle lui souriait du sourire sans âge des mères, celui qui accueille tout. Lire la suite →