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Crachée par l’immense gueule plantureuse, centrale, qui tremble comme un vagin lors d’un orgasme, moi, infime particule, je suis expulsée vers l’exosphère. La grande gueule couleur de boue en feu se contracte et se dilate, rétrécit à nouveau et se propage en ondes concentriques lentement apaisées, puis reste suspendue d’une grimace geignarde et cruelle à la fois, hargneuse et à l’affût, et pourtant, muette. De loin, j’observe la seconde précise où la paralysie la touche et l’instant suivant où elle reprend, comme si de rien n’était, le mouvement cardiaque qui la soutient, hors d’haleine. Et tu croyais à la justice ? Ha ha ha ! Naïve ! La justice est ce rythme, ce muscle qui se contracte et qui se dilate, en mâchant — mâchonnant —, triturant chaque être jusqu’à ce qu’il devienne poussière, molécule du grand plan infini. Lire la suite
