Extraits choisis des Carnets En Marge  de Robert. H. Hammond, agent spécial des services secrets rapprochés du Président des États-Unis d’Amérique répertoriés sous la référence CL.17.14.007698/1998.

 

I

 

Monica Lewinsky, dès l’âge de quatre mois (selon trois témoignages recoupés par le tandem d’investigateurs Dedallas-Brywouth), souffrait de biberonite aiguë : le pédiatre Bill Berman affirme que le nourrisson Monica gardait la tétine en sa cavité buccale 43 heures d’affilée avec des mouvements prépsychotiques de succion devant le regard ébloui de sa mère (le père absent s’intoxiquait de Havane au Hollywood Café) qui n’osait pas lui retirer l’embout caoutchouté dans la crainte de braillements stridents ininterrompus. Lire la suite


Qui ose prétendre que le romantisme n’existe plus de nos jours ? À l’aube de l’an 2000, plus que jamais, la femme ressemble à un bouquet de bleuets. Monica en est l’exemple même ! Qui, à sa place, n’eût été séduit par la prestance et le sourire à la Clark Gable du Président des États-Unis ? Certaines mauvaises langues prétendent que Monica a une bouche de pipeuse. Ceux qui disent cela sont tout simplement jaloux et n’ont rien compris ! Les lèvres siliconées de Monica traduisent sa soif d’amour fou et se tendent comme une offrande vers l’élu de son cœur. Petite fleur de province, elle est parvenue à gravir les échelons à la force du poignet. Rien que pour cela, elle mérite déjà toute notre admiration. Lire la suite


« En Belgique, c’est facile. On n’a pas besoin de faire une soumission publique, de choisir entre divers projets le meilleur, de mécontenter des ingénieurs et architectes non retenus, de calculer la résistance des matériaux – le béton le plus étanche -, ni de résoudre le problème de la porte, une adaptation d’une écoutille de sous-marin ou de tank, ni de faire appel à des plombiers chevronnés pour installer de fausses pommes-douches, ni de sélectionner les cristaux des pesticides les plus efficaces, et encore moins d’en vider les boîtes à tête de mort par les ouvertures du plafond, et de couvrir soigneusement celles-ci de leur couvercle pour éviter de laisser échapper la moindre fumerolle… Lire la suite


Cette fois, c’est clair : depuis que la papamobile-Fiat (Italie) de Jean-Paul II (Pologne) a fait manger à la Mercedes (Allemagne) de Diana, Lady die (Angleterre), le pont de l’Alma (France) où l’on sait tout ce que le zouave (Arabo-Berbère) laissait faire à la main de ma (bonne) sœur (Belgique) ; depuis que Monica, à la montée du Golgotha médiatique de Clinton (U.S.A.), a donné au monde un nouveau Saint Suaire (Israël), faisant du même coup chuter les bourses de la Russie, de l’Amérique du Sud et de l’Asie ; depuis que le cigare (Cuba) a repris du poil de la bête (Davidoff en Suisse) sur le marché des fumées, on assiste à une tentative de déstabilisation du monde derrière les écrans (Irak) d’un brouillard qui nous empêche de voir s’emboîter les poupées russes des génocides, des famines, des massacres et du sida, et ce de la Yougoslavie à l’Afrique, du Tibet à l’Afghanistan, et ailleurs… depuis tout cela, c’est clair : Rastapopoulos est de retour et, bien sûr, nous n’y sommes pour rien si les nouveaux « Cigares du Pharaon » font un tabac chez ceux qui n’éprouvent jamais le besoin, entre fromage et/ou dessert, café et/ou pousse-café, de vomir, comme le faisaient les Romains, avant de repasser à table. Lire la suite


À Yves Boisvert

Il y a l’avant il y a l’après — après c’est irréparable — elle rêve d’être soulevée de bonheur elle rêve d’échapper à sa destinée – deux petites filles qui ne se connaissent pas — la vie est pleine de forêts de terre battue et de palmes le soleil au zénith le ciel purifié sur la savane où couvent les orages sans qu’elle le sache – le soir il y a des chants et des feux des serpents d’un vert émeraude qui coulent dans les herbes sèches parfois on ne mange pas des jours durant et l’eau se fait attendre on est riche du temps qui passe et de la poussière sur les pistes rouges on est heureux tout de même et l’on pleure et l’on rit quand passe la misère il y a des contes qui parlent dans la forêt avec des amulettes et des plantes de sorcellerie, des gazelles et des lions, des hyènes et des varans qu’on ne voit jamais, plus vrais que nature – la case est pleine de rumeurs, ils parlent, ils parlent et c’est mystère — je me demande je ne sais rien – quelle importance on affabule on infibule – ils ont passé la nuit dans la forêt la terre était pleine de cendres ils ont bu des décoctions d’herbes amères et mangé jusqu’à la nausée l’écorce de l’arbre sacré – après les visions sont venues et chacun d’entre nous a reconnu sa vision – la mienne était un oiseau de paradis il volait sur la montagne et sur la mer m’emportant par-dessus la forêt vers des pays inconnus où le ciel était blanc – je me suis réveillée j’avais seize ans et j’étais promise à un homme sur lequel ont passé les outrages du temps dernière des épouses ma jeunesse salie ma beauté jetée jetée jetée aux pieds du tyran Lire la suite


Si Monica et Sémira étaient élues « femmes de l’années », cela prouverait une seule chose : que nos critères sont « négatifs » (au sens photographique du terme) et notre choix « par défaut ». En effet, qui sont ces femmes en dehors du moment de leur existence où les médias s’en emparent ? Connaît-on leur vie ? A-t-on jamais entendu leur voix ? Ont-elle jamais eu l’occasion d’exister autrement qu’au travers d’un écran ou d’une page de journal ? Autour de deux images floues – le regard extatique de Monica Lewinsky sur Clinton, celui de Sémira Adamu fixant le vide – les opinions les plus archaïques, les clivages les plus primaires ont refait surface. « Victime » ou « affabulatrice », c’est par ces grossiers mots de passe que la foule s’empare de leur destin, de leur personne, de leur corps même. Monica et Sémira femmes de l’année, ce serait le reflet d’une société qui plébisciterait les femmes sans voix,  victimes sacrificielles ou sorcières selon les fantasmes de chacun. Une société qui réduirait toute tragédie à une structure commode, aisément identifiable, celle de l’affrontement entre les mauvais et les bons, les bourreaux (ou les abuseurs) et les victimes. Une société qui s’efforce de réduire sa culpabilité ou de justifier son voyeurisme en instrumentalisant ses proies muettes. Lire la suite


La version qui circula fut celle de l’accident. Trop de honte probablement, trop d’enthousiasme à renverser la honte face contre terre, trop de joie à enterrer les hontes d’hier dans celle, fragile, qui venait de s’offrir, pleine page, à la face de toute la ville. Bruxelles brûlait. Lire la suite


Pauvre petite stagiaire, séduite et abandonnée par l’homme le plus puissant du monde, héroïne d’un roman-feuilleton.

Vaillante jeune fille qui a fui, dit-on, un mariage arrangé avec un barbon polygame, héroïne d’un drame romantique. Lire la suite


Maintenant, il regrettait d’avoir accepté. Il aurait voulu trouver un message différent dans sa boîte. Celui qu’il avait devant les yeux le renvoyait à son hésitation du début, quand il avait quand même fini par répondre oui, sans enthousiasme, avec l’espoir d’être exclu par la condition qu’il posait : Je ne serai pas présent, avait-il écrit, contre tous les usages. Il avait ajouté : Si vous acceptez une participation par courrier électronique, je serai volontiers des vôtres. Par crainte de déplaire, pour ne pas prendre lui-même la décision. Le piège s’était refermé sur lui. Lire la suite


Mon Dieu, Messieurs les Archanges et chers confrères,

Certaines critiques émises à mon égard, concernant deux événements terrestres s’étant produits dans ma juridiction lors du dernier exercice, m’ont conduit à procéder à une simulation inversée desdits événements, qui a permis de dégager les conséquences suivantes : Lire la suite