Mon cher Jacques,

Vous nous invitez, nous autres auteurs marginaux, à dresser sur fond de frivolité estivale le portrait d’une joueuse de tennis. Une « vas-y-que-je-te-lobes », une « tape-balle », une « han-han-le-long-de-ses-lignes », une « raquette-à-deux-mains-parce-que-c’est-joli » ou « à-une-main-parce-que-mon-dieu-c’est-encore-plus-beau », je ne sais plus. Et tout cela avec vos airs charmeurs, votre ton benoît, l’espèce d’embarras feint dont vous vous êtes fait une spécialité et qui n’invite à rien d’autre que de contempler le plissement de vos ridules encadrant la contraction de vos pupilles. Et, au-delà de cette malice, l’intense satisfaction du diablotin que vous êtes un peu moins que vous ne rêvez de l’être. Lire la suite


Après les Croisades, la Vraie Faux
Après la Vraie Faux, la Double Hache
Après la Double Hache, la Paix

Ingmar Bokman

Nous les Russes sommes enclins à croire qu’il n’y a d’icônes que nôtres et, bien entendu, orthodoxes. Orthodoxes à tout point de vue. Mais nous croyons également que notre vodka est la meilleure, sinon la seule. Pourtant, si mes compatriotes avaient un jour goûté l’eau-de-vie de la réserve personnelle du Patriarche de Belgrade… Lire la suite



Jamais un écrivain véritable n’a eu pour fonction d’approuver le monde.

Guy Scarpetta, à propos de Thomas Bernhard, L’âge d’or du roman

L exil, le silence et la ruse… Vous connaissez, Monsieur, ces trois mots de Joyce, comme seules armes de l’artiste… Suis-je un artiste ? C’est le moment d’en juger. La prison peut-elle être un exil ? J’ai fini par le penser. Un exil intérieur au creux de la société, en son cœur corrompu, un trou par lequel, attaquée par la gangrène, sa gangrène, elle se viderait peu à peu… Le silence ? Oh ! Il m’a été prescrit, forcément… Mais surtout, je me le suis imposé, sans le savoir, comme une feuille blanche sur laquelle je réécrirais ma vie… Lire la suite



Autant le dire d’emblée : je ne suis guère fier de l’épisode qui va suivre. D’aucuns y verront une faute professionnelle d’une gravité inqualifiable. Je ne puis leur donner tort. Ce qui me pousse à en faire ici ce récit ? Le dessein de me libérer d’un poids qui depuis deux ans m’accable. Une confession, en quelque sorte. Lire la suite


Paris – Roland-Garros – 7 juin 200315 heures – 16 h 30 Qu’il était beau le temps où le Congo était encore belge comme le racisme l’était à la messe coloniale, les zoos humains aux non-droits de l’homme non blanc, l’Oncle Paul à Spirou, Blondin à Cirage, Tintin au capitaine Haddock, le scout au curé, le curé à sa (manu)cure, le cochon au boudin de Liège, Baudouin à Fabiola, Roger Moens au 800 mètres, Eddy Merckx au tour de France (avant le tour de taille), Jacques Brel aux Marquises, Annie Cordy aux mercières, et la belgitude aux futurs mariages princiers… Lire la suite


Françoise. Une Fillette de dix ans, à la frimousse éveillée, pleine de charme. Un prénom évoquant un parfum de glace à la vanille. « Un vrai garçon manqué, disaient ses parents. » Avec, pourtant, un reste de sentimentalité naïve. Chaque soir, pour s’endormir, ne lui fallait-il pas serrer contre elle son nounours en peluche reçu un jour, à la Noël ? On avait beau se moquer d’elle à ce propos, Françoise ne parvenait pas à trouver le sommeil sans cet ami de toujours. À côté de cela, pas de poupée, pas de dînette, pas de corde à danser. Rien que des amusements plus virils, tels que billes, barres, voire petite guerre que se livraient les gars du voisinage. Lire la suite


Le titre, tel celui d’un conte cher à Sade, est tombé sur mon courriel ; c’est au lendemain de l’accession des deux tennisseuses belges au sommet de leur art ; par la même occasion, elles choient aux deuxième et troisième places, au loto japonais du classement professionnel mondial, désigné par l’acronyme ATP ; moins folklorique et moins négligeable, elles bénéficient des avantages financiers que constituent les sommets correspondants des rémunérations en vigueur dans leur sport. Justine et Kim : milliardaires ? Lire la suite


J’ai toujours aimé le Tour de France. Et puisque c’est la centième édition, la radio et la télé diffusent des portraits de ceux d’avant, Coppi et Rivière, Poulidor, Anquetil et Darrigade, Merckx et Ocana. Luc Varenne s’acharne sur son micro et tient au bout du fil une victoire belge. À la télé, les images en noir et blanc se perdent dans la brume des Pyrénées ou flottent sous le soleil de Strasbourg. Lire la suite