Édith s’était laissé convaincre de venir boire un chocolat en terrasse place Brugman.
Exquis, ce chocolat. Elle s’en était même commandé une seconde tasse, en attendant Véronique, très en retard, comme à son habitude. Elle lisait un Figaro tout chiffonné ramassé sur une table, avait hésité à faire l’acquisition du dernier Goncourt dans la librairie voisine, craignant de déséquilibrer son maigre budget.
Elle parcourait les titres d’un œil narquois : les éternelles polémiques autour de l’expulsion des Roms, l’exil volontaire des juifs français vers Israël, les foyers de tension au Moyen Orient, en Ukraine, le président de la République éreinté par les sondages. Le chômage, le désenchantement, la déprime des familles. Elle avait mal à sa France. Elle replia le journal. Lire la suite
