Une vaste étendue de sable et de cailloutis, un désert démangé de soleil où ne se rencontrent que des serpents secs comme du bois, des rongeurs de rien du tout et de vilains crabes terrestres… Oui, le plateau du Mokambo est tout sauf attirant, tout sauf enchanteur. Un théâtre de mort et de désolation parfaitement prédestiné, à présent que j’y pense, à y construire l’usine ultramoderne dont un certain Gregorenko, puisque tel est mon nom, a la redoutable charge : jusqu’à ce que mort s’ensuive, précisément.
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Depuis combien de temps David Gregorenko est-il basé au Complexe Robinson ? Je n’en sais plus trop rien… Au point de croire, parfois, que j’y serais né. Que j’y aurais été produit, à l’image des Toukoms !
Quand rien n’est plus faux : je suis fait de chair et d’os, moi ! Et l’unique humain, même, à végéter ici. Moi, seul maître à bord de cette usine dont les bâtiments d’acier, peints de rouge cru et de bleu vif, et dont les verrières étincelantes semblent participer d’un fulgurant mirage au cœur du désert ! Une hallucination dont moi seul serais le jouet. Puisque personne d’autre n’a pleinement conscience de ce qui s’y passe ! Lire la suite →