Je viens d’enterrer ma mère. Dix mois plus tôt, dans le même cimetière, c’est mon père qu’on enterrait. Je pourrais écrire cette phrase, aujourd’hui : Je n’ai plus mes parents. Je pourrais la penser, avec une douceur ou une peine profonde. Ce serait faux. Leur absence n’a aucun effet sur leur présence. Ils n’occupent pas la place qui leur est échue, sous une mince épaisseur de terre. Ils sont toujours là, mes parents, en moi et hors de moi, dans leur terrifiant naturel. Lire la suite
