Stagiaire ignare, minette manipulée ou midinette qui veut se faire mousser, cantonnée dans l’emploi subalterne et pistonné d’accorte soubrette, de nymphette béate, de niaise nénette ou Cendrillon comme on disait autrefois, Monica Lewinsky restera moins dans l’Histoire pour son nom que pour son rôle (sans voix) d’égérie mutine, qui ébranla un temps la Maison Blanche après avoir, au sens propre, branlé son hôte. Fille de parents divorcés, plutôt nature, émancipée, pulpeuse et bien roulée, trop confiante et sans doute assez ingénue, cette jeune femme cyclothymique de vingt-cinq ans est d’abord une bouche HILARE, couvrant publiquement de bécots son prince charmant, dardant à tour de bras ses mimiques de coquette en herbe, repassées en boucles (noires, comme ses cheveux), à satiété, par les télés du monde entier. Culottée au sens premier, parée de son béret, bardée d’une broche de pacotille, elle est à jamais celle qui souilla la robe de Blanche-Neige, princesse de fable, souillon de la Reine ou Première Dame, qui par malheur perd sa mère et arbore une parure maculée non par une tache de sang seyant aux jeunes filles, mais une trace de sperme tel qu’il sied à une tailleuse aguerrie, parente de l’ouvrière couturière, second hand ou « petite main », rouage ou levier de la machine broyeuse qui crée des engrenages. Lire la suite


Extrait retrouvé du rapport Starr

Monsieur le Juge, Monica projette de me manger. Son amour a les dents longues et sa bouche s’écarte à mon passage, comme pour la fellation. Je suis l’objet de sa faim après avoir été celui de son désir. C’est dans le désordre des choses. Lorsqu’elle me voit dans la salle ovale, elle domine à peine sa salive. Ma chair doit avoir bon goût, selon elle, grâce à d’anciens tourments et à une habitude des caresses égoïstes. Je la remercie pour son compliment, mais dois-je pour autant me laisser dévorer sans autre forme de procès ? Certains soirs, je la provoque au téléphone pour montrer la menace de mes représailles. Lire la suite


Extraits choisis des Carnets En Marge  de Robert. H. Hammond, agent spécial des services secrets rapprochés du Président des États-Unis d’Amérique répertoriés sous la référence CL.17.14.007698/1998.

 

I

 

Monica Lewinsky, dès l’âge de quatre mois (selon trois témoignages recoupés par le tandem d’investigateurs Dedallas-Brywouth), souffrait de biberonite aiguë : le pédiatre Bill Berman affirme que le nourrisson Monica gardait la tétine en sa cavité buccale 43 heures d’affilée avec des mouvements prépsychotiques de succion devant le regard ébloui de sa mère (le père absent s’intoxiquait de Havane au Hollywood Café) qui n’osait pas lui retirer l’embout caoutchouté dans la crainte de braillements stridents ininterrompus. Lire la suite


Qui ose prétendre que le romantisme n’existe plus de nos jours ? À l’aube de l’an 2000, plus que jamais, la femme ressemble à un bouquet de bleuets. Monica en est l’exemple même ! Qui, à sa place, n’eût été séduit par la prestance et le sourire à la Clark Gable du Président des États-Unis ? Certaines mauvaises langues prétendent que Monica a une bouche de pipeuse. Ceux qui disent cela sont tout simplement jaloux et n’ont rien compris ! Les lèvres siliconées de Monica traduisent sa soif d’amour fou et se tendent comme une offrande vers l’élu de son cœur. Petite fleur de province, elle est parvenue à gravir les échelons à la force du poignet. Rien que pour cela, elle mérite déjà toute notre admiration. Lire la suite


« En Belgique, c’est facile. On n’a pas besoin de faire une soumission publique, de choisir entre divers projets le meilleur, de mécontenter des ingénieurs et architectes non retenus, de calculer la résistance des matériaux – le béton le plus étanche -, ni de résoudre le problème de la porte, une adaptation d’une écoutille de sous-marin ou de tank, ni de faire appel à des plombiers chevronnés pour installer de fausses pommes-douches, ni de sélectionner les cristaux des pesticides les plus efficaces, et encore moins d’en vider les boîtes à tête de mort par les ouvertures du plafond, et de couvrir soigneusement celles-ci de leur couvercle pour éviter de laisser échapper la moindre fumerolle… Lire la suite


Cette fois, c’est clair : depuis que la papamobile-Fiat (Italie) de Jean-Paul II (Pologne) a fait manger à la Mercedes (Allemagne) de Diana, Lady die (Angleterre), le pont de l’Alma (France) où l’on sait tout ce que le zouave (Arabo-Berbère) laissait faire à la main de ma (bonne) sœur (Belgique) ; depuis que Monica, à la montée du Golgotha médiatique de Clinton (U.S.A.), a donné au monde un nouveau Saint Suaire (Israël), faisant du même coup chuter les bourses de la Russie, de l’Amérique du Sud et de l’Asie ; depuis que le cigare (Cuba) a repris du poil de la bête (Davidoff en Suisse) sur le marché des fumées, on assiste à une tentative de déstabilisation du monde derrière les écrans (Irak) d’un brouillard qui nous empêche de voir s’emboîter les poupées russes des génocides, des famines, des massacres et du sida, et ce de la Yougoslavie à l’Afrique, du Tibet à l’Afghanistan, et ailleurs… depuis tout cela, c’est clair : Rastapopoulos est de retour et, bien sûr, nous n’y sommes pour rien si les nouveaux « Cigares du Pharaon » font un tabac chez ceux qui n’éprouvent jamais le besoin, entre fromage et/ou dessert, café et/ou pousse-café, de vomir, comme le faisaient les Romains, avant de repasser à table. Lire la suite


À Yves Boisvert

Il y a l’avant il y a l’après — après c’est irréparable — elle rêve d’être soulevée de bonheur elle rêve d’échapper à sa destinée – deux petites filles qui ne se connaissent pas — la vie est pleine de forêts de terre battue et de palmes le soleil au zénith le ciel purifié sur la savane où couvent les orages sans qu’elle le sache – le soir il y a des chants et des feux des serpents d’un vert émeraude qui coulent dans les herbes sèches parfois on ne mange pas des jours durant et l’eau se fait attendre on est riche du temps qui passe et de la poussière sur les pistes rouges on est heureux tout de même et l’on pleure et l’on rit quand passe la misère il y a des contes qui parlent dans la forêt avec des amulettes et des plantes de sorcellerie, des gazelles et des lions, des hyènes et des varans qu’on ne voit jamais, plus vrais que nature – la case est pleine de rumeurs, ils parlent, ils parlent et c’est mystère — je me demande je ne sais rien – quelle importance on affabule on infibule – ils ont passé la nuit dans la forêt la terre était pleine de cendres ils ont bu des décoctions d’herbes amères et mangé jusqu’à la nausée l’écorce de l’arbre sacré – après les visions sont venues et chacun d’entre nous a reconnu sa vision – la mienne était un oiseau de paradis il volait sur la montagne et sur la mer m’emportant par-dessus la forêt vers des pays inconnus où le ciel était blanc – je me suis réveillée j’avais seize ans et j’étais promise à un homme sur lequel ont passé les outrages du temps dernière des épouses ma jeunesse salie ma beauté jetée jetée jetée aux pieds du tyran Lire la suite


Si Monica et Sémira étaient élues « femmes de l’années », cela prouverait une seule chose : que nos critères sont « négatifs » (au sens photographique du terme) et notre choix « par défaut ». En effet, qui sont ces femmes en dehors du moment de leur existence où les médias s’en emparent ? Connaît-on leur vie ? A-t-on jamais entendu leur voix ? Ont-elle jamais eu l’occasion d’exister autrement qu’au travers d’un écran ou d’une page de journal ? Autour de deux images floues – le regard extatique de Monica Lewinsky sur Clinton, celui de Sémira Adamu fixant le vide – les opinions les plus archaïques, les clivages les plus primaires ont refait surface. « Victime » ou « affabulatrice », c’est par ces grossiers mots de passe que la foule s’empare de leur destin, de leur personne, de leur corps même. Monica et Sémira femmes de l’année, ce serait le reflet d’une société qui plébisciterait les femmes sans voix,  victimes sacrificielles ou sorcières selon les fantasmes de chacun. Une société qui réduirait toute tragédie à une structure commode, aisément identifiable, celle de l’affrontement entre les mauvais et les bons, les bourreaux (ou les abuseurs) et les victimes. Une société qui s’efforce de réduire sa culpabilité ou de justifier son voyeurisme en instrumentalisant ses proies muettes. Lire la suite


La version qui circula fut celle de l’accident. Trop de honte probablement, trop d’enthousiasme à renverser la honte face contre terre, trop de joie à enterrer les hontes d’hier dans celle, fragile, qui venait de s’offrir, pleine page, à la face de toute la ville. Bruxelles brûlait. Lire la suite


Pauvre petite stagiaire, séduite et abandonnée par l’homme le plus puissant du monde, héroïne d’un roman-feuilleton.

Vaillante jeune fille qui a fui, dit-on, un mariage arrangé avec un barbon polygame, héroïne d’un drame romantique. Lire la suite