L’aube pointait. Une aube claire de plein été, qui envoyait par la vitre entrouverte des nuances de rose orangé portées par la symphonie des oiseaux.
Paul soupira, jeta un coup d’œil au réveille-matin. Il était beaucoup trop tôt pour se lever mais à quoi bon flâner au lit. Il savait qu’il ne dormirait plus, trop énervé à la perspective de la journée.
Pour la centième fois en huit jours, il relut la lettre de sa fille Anne. Quelle lubie la piquait donc pour l’inviter à fêter son anniversaire ? Avec son frère encore bien. Après quinze ans de silence ! D’accord, reconnut-il dans son for intérieur, c’est moi qui ne voulais plus les voir. Avec raison. Est-ce qu’on divorce après dix ans et six ans de mariage ? Jamais compris pourquoi. Des futilités sûrement. Qu’est-ce que j’ai fait au monde pour mériter cela ? Ces deux-là n’ont aucun sens de l’engagement de vie. Si leur pauvre mère avait vécu plus longtemps, elle aurait sûrement pu leur faire entendre raison. Mais bon… Le destin a voulu les choses autrement. Lire la suite
