Quand j’avais une douzaine d’années et n’étais encore bruxellois que de fraîche date, existait au rez-de-chaussée de la Bourse de Bruxelles, à droite en la regardant du boulevard Anspach, un vaste lieu d’aisances pour messieurs, dont le mur du fond était tapissé d’un nombre qui me semblait très élevé d’urinoirs. Des urinoirs à l’ancienne, qui recueillaient l’urine entre les pieds même des pisseurs. On a fermé ce lieu, m’a-t-on dit, parce que s’y déroulaient des scènes que la morale réprouverait ?). J’ai même entendu dire que des pervers déposaient sur l’un ou l’autre fond d’urinoir des croûtons, voire des pains entiers, dont ils se repaissaient ensuite, lorsqu’ils étaient copieusement trempés des urines des nombreux pisseurs que la présence de ces objets — pour eux sans doute victimes d’un faux pas de leurs porteurs, alors qu’ils cherchaient avec peine à se déboutonner – n’étonnait pas outre mesure. Lire la suite
